Mon musée des échecs
- laetitiaclaver2
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture

Cela fait des années que je ne prends presque plus de photos de moi. Les rares vidéos que j’ai publiées sur Instagram ont été supprimées. Je ne sais pas à quel moment ça a basculé, mais je déteste mon propre reflet, je déteste ce que je suis.
Beaucoup disent qu’il ne faut pas lier sa valeur à ce que l’on crée. Pourtant, c’est ce que j’ai toujours fait. À défaut d’avoir une vie qui m’appartient, de faire mes propres choix, à force de vivre dans l’ombre et les attentes des autres, j’ai fini par m’associer à la seule chose que j’aime : mon art. Si ça marche, tout va bien. Sinon, pourquoi suis-je sur Terre ?
2017 : première publication en maison d’édition. L’aventure se passe mal et, un an plus tard, tout s’arrête.2022 : deuxième publication en maison d’édition. Une nouvelle fois, ça se passe mal et, un an plus tard, tout s’arrête.
Entre-temps, j’ai essayé l’autoédition : un échec. J’ai aussi commencé le freelancing en illustration : le néant. Je n’ai jamais dépassé les 100 abonnés sur Instagram, malgré mes efforts.
J'ai tenté le freelance. J’ai eu quelques clients, mais sans visibilité, c’est compliqué. J’ai ouvert une boutique de prints par le passé : 0 vente. Mes livres en autoédition (trois nouvelles et un roman combiné) n’accumulent même pas 15 ventes.
J'ai fait 3 campagnes Ulule dans le passé qui ont toutes été un échecs. J'ai même fini par supprimer mon compte sur la plateforme, car voir la liste de mes campagnes échouées me rendait triste.
Et tout ça, ce n’est qu’une partie.
En ce début d’année 2026, je suis essoufflée, épuisée, et mon estime de moi est à zéro. Beaucoup ne comprennent pas, mais ce manque de visibilité, associé à ces échecs, rend la vie sur les réseaux plus douloureuse. Ce n’est pas juste un outil, un portfolio ou je ne sais quoi : c’est le reflet de ma valeur (ça ne devrait pas l’être, je sais. Je dois travailler là-dessus, mais ça ne se fera pas en un jour).
Si je n’ai pas de visibilité, si mes romans ne se vendent pas, si mes illustrations ne se vendent pas, si je n’ai pratiquement pas de commandes, c’est parce que je ne mérite rien de tout ça. Je suis nulle dans ce que je fais, médiocre. C’est ce que mon esprit me crie tous les jours.
Malgré tout, je continue. J’essaie, du moins.
J’ai récemment décidé d'arrêter les commissions pour de bon (même si rien n’est toujours définitif dans la vie) pour privilégier ma santé mentale et mes projets personnels. Je rêve toujours de voir mes livres publiés et d’avoir des lecteurs, de voir mes illustrations sur des prints que des gens aimeraient.
Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais je continue…


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