Derrière le voile : Quand une histoire refuse de mourir
- laetitiaclaver2
- il y a 3 jours
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Mon prochain roman, Derrière le voile, sort ce mois-ci. Et pour l’occasion, j’aimerais vous parler un peu de son histoire. Des hauts, et surtout des bas. Et de la manière dont ma trilogie L’Ombre des flammes est devenue Derrière le voile.
Tout débute en 2016. J’ai des rêves de publication plein la tête. Pour moi, être publiée en maison d’édition est le saint graal : la preuve que je suis une autrice, et surtout, une « bonne » autrice. Je suis jeune, je ne connais même pas l’auto-édition, et je mets toute ma légitimité dans une possible publication.
Évidemment, comme beaucoup de débutants, je découvre avec rancœur les maisons d’édition à compte d’auteur. Imaginez la déception de recevoir un retour positif, mille et un compliments sur mon travail, avant de voir apparaître une demande de 3 000 €. Heureusement, à l’époque, je savais déjà qu’une telle somme demandée n’était pas normale. Et même si je l’avais voulu, je n’aurais jamais pu investir autant de toute manière. Mais ce n’est pas grave : je ne me démonte pas et, après les premières déceptions, je continue mes recherches.
Finalement, je reçois un retour positif d’une jeune maison d’édition. Je m’estime chanceuse, car je n’avais pas envoyé mon texte à plus de cinq maisons d’édition. À l’époque, je ne me méfie pas des jeunes structures. Je ne pense ni au manque de budget, ni au manque d’expérience. Je suis simplement extrêmement heureuse que le premier tome de ma trilogie soit accepté.
J’échange par téléphone avec les responsables. Sur Facebook, un groupe est créé et je rencontre pour la première fois un autre auteur qui sera lui aussi prochainement publié dans cette maison d’édition.
Les débuts se passent bien. La maison d’édition se charge des corrections et me paie pour réaliser la couverture et des illustrations intérieures. Mon premier travail freelance, le rêve ! Sauf que ce rêve va rapidement tourner au vinaigre…
Premièrement, lorsque je reçois un exemplaire de mon roman, c’est la première déception. La qualité n’est pas au rendez-vous. Pour vous donner une idée, la qualité Amazon est bien meilleure. Les couleurs de la couverture ressortent mal, les illustrations intérieures rendent très mal également. Sans compter le blanc des pages, agressif pour les yeux, et une mise en page qui, selon moi, laissait franchement à désirer.
Puis arrive la seconde déception. La pire.
Une amie lit mon livre et remarque des problèmes de typographie ainsi que des fautes d’orthographe. Après échange avec la maison d’édition, on m’explique que le mauvais fichier a été transmis à l’impression et qu’ils ne peuvent rien faire à ce stade. Résultat : mon premier roman, en plus d’être d’une qualité médiocre, est bourré de fautes.
Mon cauchemar continue lorsque les premières chroniques tombent. L’histoire est appréciée, mais… le texte est bourré de fautes.
Par la suite, j’apprends que la maison d’édition n’a en réalité jamais fait appel à un correcteur professionnel et que tout avait été fait en interne… Heureusement pour moi, cette maison d’édition met la clé sous la porte un an après la signature de mon contrat, et je récupère mes droits.
C’est à ce moment-là que je découvre l’auto-édition. Dégoûtée par cette première expérience en maison d’édition, je décide d’auto-publier le premier tome de L’Ombre des flammes. Je n’y connais rien, j’ai une petite communauté sur les réseaux sociaux, mais rien d’assez solide pour assurer une sortie réussie. Et effectivement, je ne fais aucune vente.
Au-delà de ce second échec, un autre problème me saute aux yeux. En relisant ce tome bien plus tard, je réalise qu’il contient encore des fautes. Pourtant, je pensais posséder la version « corrigée » par la maison d’édition. Il est alors clair que leur métier n’était définitivement pas correcteur, vu le travail médiocre fourni. Je retire donc ce tome d’Amazon et je maudis intérieurement cette maison d’édition.
Pendant longtemps, je garde l’histoire de L’Ombre des flammes cachée. Je suis déçue, dégoûtée. Mon rêve s’est transformé en cauchemar. Tout ce que j’imaginais pour cette trilogie est parti en fumée. Car tenter de publier en maison d’édition un livre déjà publié ailleurs et qui a été un flop ? Impossible. Et visiblement, je n’étais pas encore prête non plus pour l’auto-édition.
Mais je n’abandonne pas. Je veux vraiment que cette série voie le jour.
En 2022, si je ne dis pas de bêtises (mes souvenirs se mélangent parfois), je tente à nouveau l’auto-publication. Cette fois, avec une meilleure organisation. Au lieu de publier la trilogie telle quelle, je décide de garder le tome 1 et de fusionner les tomes 2 et 3 en un seul volume. Je refais des illustrations, je communique sur internet, je m’y prends plusieurs mois à l’avance… Tout aurait dû bien se passer, non ?
Eh bien non. Malgré les chroniqueurs qui relaient l’information, malgré mes efforts pour partager le projet et faire de mon mieux, la campagne Ulule échoue. L’Ombre des flammes retourne alors dans un placard.
Après cela, je passe un peu à autre chose. Je travaille sur d’autres projets, je vis une seconde mauvaise expérience avec une maison d’édition et j’accumule encore des échecs. Mais L’Ombre des flammes reste dans mon esprit, et la déception et la tristesse associées ne me quittent pas. La sortie de cette trilogie aurait dû marquer quelque chose de plus grand, le début d’une belle aventure. Et ça a été tout l’inverse.
Alors aujourd’hui, je réessaie. Je n’espère pas faire de grandes ventes. Je n’espère pas rendre cette histoire populaire. J’ai simplement besoin d’exorciser mes démons et de passer à autre chose.
Pour plus de simplicité, j’ai décidé de proposer une intégrale. Et pour être sûre que les choses soient bien faites, et me permettre de passer sereinement à l’étape suivante de ma vie d’autrice, j’ai fait appel à une correctrice professionnelle, créé une nouvelle couverture et entièrement retravaillé le résumé.
Cette histoire va enfin pouvoir renaître dans de meilleures conditions. Et peut-être que, de cette manière, je pourrai tourner la page sur les problèmes que cette ancienne série a rencontrés.
Si vous vous laissez tenter par Derrière le voile, j’espère du fond de mon cœur que l’aventure vous plaira.

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