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Micro-nouvelle : Cinéma doudou

  • laetitiaclaver2
  • 6 juil. 2024
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 juin 2025


Au crépuscule d’une journée grisâtre, la pluie tambourinait contre la fenêtre. La lumière tamisée d’une vieille lampe de table caressait les murs du salon, créant une atmosphère des plus intimes. Et le parfum du popcorn fraîchement préparé remplissait la pièce.


Ce soir-là, j’avais décidé de me perdre dans un classique du cinéma, un film en noir et blanc qui m’avait toujours transporté dans un autre temps. Cela faisait des années que je ne l’avais pas regardé, et c’était bien la première fois que je le faisais en compagnie de quelqu’un d’autre.


Assis côte à côte sur le canapé, Guillaume et moi avions couvert nos jambes d’une couverture moelleuse. Je savais être le seul excité par ce film, alors que Guillaume était simplement là pour moi.


Lorsque le film commença, les premières notes mélancoliques de la musique envahirent l’espace et je fus instantanément transporté dans un monde où les émotions étaient palpables, où le temps semblait suspendu.


Ce film était comme un vieil ami, toujours là quand j’avais besoin de réconfort, de rires ou de larmes. Il avait le pouvoir de me faire oublier les tracas du quotidien, de me transporter dans un monde où tout était possible, où les rêves prenaient vie. Pourtant, je l’avais laissé de côté si longtemps…


Alors que l’histoire approchait de son dénouement, mes yeux étaient rivés sur l’écran, absorbés par le drame qui se jouait. Sans m’en rendre compte, je m’étais allongé sur les jambes de Guillaume pour profiter davantage de son contact.


Lorsque le générique de fin défila, je sentis la main de mon compagnon caresser tendrement mes cheveux.


— Ça va ? me questionna-t-il.


Je restai un instant silencieux, puis reniflai.


— Je n’ai jamais pleuré devant ce film, avouai-je.


Or, aujourd’hui était différent. C’était la première fois depuis longtemps que je me posais devant la télé en compagnie de Guillaume, l’esprit clair, mes dernières épreuves derrière moi. Guillaume le comprit, car il se pencha pour embrasser mon front et m’enlaça lorsque le générique prit fin, nous plongeant ainsi dans le silence.

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Laëtitia Claver

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